Architextures de paysage #1

PA | Plateforme de création contemporaine a proposé le premier déploiement d’envergure de son cycle thématique intitulé Architextures de paysage #1 (du 25 mars 2017 au 4 juin 2017).

A travers ce cycle d’expositions, les commissaires Marie CANTOS et Maryline ROBALO souhaitaient y interroger deux champs d’intérêt importants et récurrents dans sa programmation : l’exploration des phénomènes mnésiques d’une part, et la relation au paysage et à l’architecture d’autre part.

Dans les salles du Château d’Oiron, chargées d’histoire et d’une collection qu’on ne présente plus, les artistes ont esquissé des paysages imaginaires, oniriques ou inquiétants, des cartographies d’espaces traversés par le souvenir et le sentimentalisme, des expériences visuelles parfois immersives où le vernaculaire côtoie l’anecdote.

Le vernissage a eu lieu le samedi 25 mars 2017 à 16 h 30.

Commençons la visite de l’exposition.

Avant de pénétrer dans le bâtiment, on était accueilli par l’œuvre de Rémi UCHEDA : Flag – 2017. Le drapeau, dégradé du noir au blanc, arborait les couleurs de l’exposition et répondait aux autres productions de l’artiste, notamment sa série de Pont d’envol.

Dans la salle de la vanité des bâtisseurs, Marie-Jeanne HOFFNER présentait une impression sur papier Echantillon (4 autres impressions étaient disséminées dans l’exposition).

En passant par le couloir des illusions, on prenait connaissance d’une autre œuvre de Marie-Jeanne HOFFNER : Red Proun (2012). Cette vidéo couleur (1 min 50 s) permettait d’observer une main plaçant des baguettes de balsa sur un miroir.

Dans la salle à manger, Julie C. FORTIER présentait son parfum Petrichor (2013) qui désigne l’odeur particulière de la terre sèche humidifiée.

Un petit détour par la salle des maquettes nous permettait de prendre connaissance d’une lithophanie de Guillaume CONSTANTIN : Tes Yeux

Dans la salle des faïences, le même artiste, Guillaume CONSTANTIN, nous présentait Au Royaume de Coquetterie (2015). Cette découpe numérique sur papier ancien était une réplique de la carte du « Royaume de Coquetterie » (1654).

Dans le Salon de la Peinture ultime, on pouvait prendre connaissance d’une performance artistique réalisée par Edith Commissaire le 6 avril 2017.

Dans la salle des Miroirs, on découvrait une installation vidéo (écran au sol, revêtement noir) d’ Ali TNANI : No posts to show (2016). Ce titre faisait directement référence au message qui s’affiche parfois sur Facebook lorsqu’aucun-e ami-e n’a « posté » récemment.

Dans le salon du Soleil, nous étions confrontés à une nouvelle découpe de Guillaume CONSTANTIN : Le Royaume des Prétieuses (2016). Cette découpe numérique sur papier marbré était une réplique de la carte du « Royaume des précieuses » datant du XVIIème siècle.

En bas des marches de l’escalier Renaissance, un élément de Pont d’envol de Rémi UCHEDA nous attendait.

Le long des marches, Julie C. FORTIER avait installé : Horizon (ligne de touches de 6 parfums différents retraçant en odeurs une balade en forêt un matin d’été). Au milieu des marches, on découvrait la deuxième impression de Marie-Jeanne HOFFNER.

En haut des marches, le salon de l’Arlequin nous permettait de découvrir différentes œuvres.

La première œuvre captivant notre attention était d’abord : Cannes (2015) de Rémi UCHEDA.

On pouvait ensuite admirer Pétales d’Isabelle FERREIRA. L’oeuvre se composait de morceaux de papiers peints à l’acrylique de différentes couleurs et déchirés, laissés libres dans leur encadrement. Sur la table, on découvrait une première maquette sur miroir de Marie-Jeanne HOFFNER.

On retrouvait ensuite Guillaume CONSTANTIN qui nous proposait Carte de Scripte (2015), gravure laser sur papier du XVIIème siècle, réplique de la « Carte du Royaume d’Amour », de Tristan L’Hermite et un ensemble : Fantôme du Quartz XXXIII. Un peu plus loin, on retrouvait la troisième impression de Marie-Jeanne HOFFNER.

Dans la prestigieuse galerie Renaissance, l’artiste Blanca CASAS – BRULLET nous proposait : Paysages sur rue (2010) : très long livre de photographies de fenêtres prises en banlieue parisienne. Un peu plus loin, on pouvait remarquer un nouvel élément de Pont d’envol de Rémi UCHEDA.

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Dans  la Salle d’Armes, Isabelle FERREIRA avait installé : Eléments de perspective (12 socles peints, 5 fragments de bois glanés, acrylique sur papier, agrafes)

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Dans cette même salle, Guillaume CONSTANTIN présentait Folio 399 (2014), découpe laser sur papier Edition, reprise de la « Carte de Tendre », de Madeleine de Scudéry.

Dans la Chambre du Roi, Mélanie BERGER exposait : Entre deux eaux (2014). Cette série de dessins (crayons de couleurs recto sur papier) a été réalisée en 2014, au cours d’une résidence de trois mois durant lesquels elle s’est rendue quotidiennement dessiner ce qu’elle observait à la surface de l’eau de la petite rivière qu’elle pouvait contempler des différents points de vue où elle pouvait prendre place.

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Notre périple nous amenait dans le Cabinet des Muses où Blanca CASAS – BRULLET propose sa Table sensible (2015 – 2017) (composée de tréteaux en bois, d’un plateau en contreplaqué, de divers films et papiers photosensibles voilés et de diverses pierres. Les couleurs des films et papiers sensibles disposés sur le plateau varient au fil du temps).

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On empruntait l’escalier pour accéder aux combles. Dans cet escalier, on retrouvait Horizon (2017) de  Julie C. FORTIER et Echantillon  de Marie-Jeanne HOFFNER

Les combles du château nous proposaient les œuvres de 7 artistes.

Julie C. FORTIER présentait de nouvelles lignes de touches de parfum : Horizon.

Nous retrouvions Mélanie BERGER qui proposait un très grand dessin (300 x 240 cm) où l’on retrouvait ses formes géométriques architecturant la texture colorée par le vide et le blanc : Etendues #2.

Un peu plus loin, Ali TNANI présentait un ensemble de dessins : Unknown program.

A côté des dessins, Vincent CHENU proposait : Palimpseste. Non loin de là, nous retrouvions des éléments de Pont d’envol de Rémi UCHEDA.

Dove ALLOUCHE présentait 14 héliogravures encadrées : Déversoirs d’orage (2009).
Cette série représentait des vues prises à l’aveugle du réseau égoutier de la ville de Paris.

 

Marie-Jeanne HOFFNER présentait quatre ensembles de maquettes en balsa peint posée sur des miroirs : Models.

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En quittant le bâtiment par la Galerie-portique sud, on prenait connaissance de la cinquième impression sur papier de Marie-Jeanne HOFFNER, puis dans la Tour des Ondes, des derniers éléments du Pont d’envol de Rémi UCHEDA.

On peut consulter ci-dessous une présentation par les commissaires.

Pour télécharger une petite vidéo de présentation par les commissaires, cliquer ici.

Le 10 mai 2017, Léon Mychkine a rencontré Carine Guimbard, administratrice du Château d’Oiron, pour le Centre des Monuments Nationaux. Il était venu en compagnie de Rémi Uchéda, qui faisait partie des artistes commissionnés par Marie Cantos et Maryline Robalo (PA | Plateforme de création contemporaine).

L’article correspondant est consultable sur sa page Tipeee : « Architextures de paysage #1” au Château d’Oiron (P.1)

Le texte ci-dessous est un extrait partiel (et bien entendu tout à fait partial) de cet entretien audio.

Et là, nous sommes au niveau du comble central, qui est un des éléments constitutifs de l’exposition dans laquelle Rémi Uchéda a des œuvres présentes. J’ai souhaité commencer par ici parce que je trouve qu’on est directement en lien avec la charpente apparente, on a la structure du bâtiment ; donc on a déjà une partie ancienne. Et ces œuvres, issues de problématique de dessins pour la plupart, commencent à dialoguer avec l’espace, ici. Et ça se stratifie avec toute une série de rapports, de correspondances, de liens qui se sont créés dans tout le château. On est déjà à l’intérieur sans s’en rendre compte, on a la pièce, le parcours odorant de Julie C. Fortier. Sur ces petites languettes blanches, on a tout un parcours — on est déjà au milieu —, peut-être que l’on ne s’en est pas encore rendu compte, au milieu de son parcours.
[…]
Là on a une réalisation de Mélanie Berger, qui a réaccroché une série de dessins dans la chambre du roi, à l’étage inférieur, à partir d’un travail qu’elle avait fait lors d’une résidence d’artiste, où elle avait dessiné, avec un protocole assez particulier tout le temps le même espace, en évinçant un endroit du dessin. Et là on retrouve tout ce tracé mouvant, qui peut faire penser à l’eau, au vent. Il y a quelque chose de l’ordre du flux, mais avec une certaine densité. Et puis on retrouve ces zones, ces zones blanches, ces zones de retrait, de réserve, qui pourraient correspondre à une sorte d’empêchement, ou un élément sur lequel on peut se trouver, qui à la fois est dans le dessin et qui limite la personne. Ce sont de très très grands dessins, qui font plus de deux mètres de haut.
Et autour, on a toujours ce dialogue créé par Julie Fortier, avec son parcours et ses odeurs.
[…]
Là dans le Cabinet des Muses, on a un travail qui n’a cessé d’évoluer, qui est sur du papier photosensible, et une table avec différents papiers de différents formats, qui ont pris la lumière tout le temps de l’exposition, et qui sont soutenus par des pierres qui sont juste posées, disposées sur ces papiers. Et les papiers, que ce soit avec les éléments, que ce soit la lumière ou l’humidité, certaines fois dans le château, ont acquis une certaine résistance. Certains sont un peu bombés, et la pièce, depuis le début, est arrivée quasiment blanche, et puis là elle se teinte, on a certains papiers qui sont devenus quasiment violet.
[…]
Et là on a des photographies de fenêtre derrière lesquelles il y a des rideaux sur lesquels il y a des paysages. Et tout ça venant se rejouer avec les fenêtres.
[…]
Donc là on retrouve cette volonté, dans l’accrochage de Marie et Maryline, d’avoir ce qu’elles nomment des “ponctuations”, et on retrouve les oeuvres à différents endroits. C’est tout à fait existant pour les pièces de Rémi, parce que l’on a on a croisé au pied de l’escalier, un profil paillasson. Ça marche aussi très bien avec le travail de Marie-Jeanne, puisqu’on a ces maquettes qui sont en haut sur les surfaces miroirs.
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Les photos ci-dessous sont extraites de l’article.