Théâtre : VU – 22 janvier 2019

A la croisée du théâtre d’objets, du cirque miniature et du clown involontaire, ce solo met en scène un personnage méticuleux, délicat, un brun acariâtre et ordonné à outrance, en proie à des obsessions dérisoires et anodines.

Il est là, calme, très calme, très très calme, installé sur une petite chaise, à une table très basse et se prépare une tasse de thé. Ou plutôt, tente de se préparer une tasse de thé. Mais l’histoire dérape…..

Avec délicatesse, humour et humanité, ce spectacle muet, parle des petites obsessions de tous les jours. Celles qui parfois deviennent maladives et qui, par excès de minutie, finissent par faire « péter la cocotte » !

A la fin du spectacle, le public a pu déguster le verre et la brioche de l’amitié.

Une deuxième séance était proposé le lendemain, toujours à la salle polyvalente.

Quelques extraits du « cahier d’or »

Les photos ci-dessous proviennent du site de la compagnie.

Vu©Alexis Doré
Vu©Camille Chalain
Visuel Vu©Etienne Saglio – Monstre(s)

L’article ci-dessous a été publié dans le quotidien régional Le Courrier de l’Ouest le mercredi 6 février 2019

« VU », folie très contrôlée de la Cie Sacekripa

Mardi 22 janvier, la programmation du théâtre de Thouars était accueillie par les amis de Oiron dans la salle polyvalente de la commune. A l’affiche, une représentation atypique : le spectacle « Vu »,de la Cie Sacekripa.

Il a le look de l’employé de bureau qui rentre chez lui, fatigué, après une journée de travail ennuyeuse à souhait. L’air blasé, un brin tendu, il arrive par l’arrière : on pourrait le prendre pour un spectateur en retard. Après avoir laissé son blouson à un monsieur du deuxième rang qui, un peu mal à l’aise ne sait pas trop quoi en faire, il s’essuie méticuleusement les pieds sur le paillasson et entre en scène, dans son appartement.
Dans la pièce prime le style minimaliste : pour tout décor, un bol de guimauve, une tasse et un sucre forment une diagonale parfaite sur une table basse.

Un spectacle hors catégorie

Assis sur une chaise trop petite, le grand type engoncé entreprend alors de se faire un thé. La suite de la pièce va s’articuler autour de cette simple action. On découvre vite que pour lui, il ne s’agit pas juste de mettre de l’eau dans une tasse, mais d’un processus complexe, proche du trouble obsessionnel compulsif.
Mesurer la distance tasse/bouilloire avec la main, plusieurs fois. Mettre la tasse en place, précisément. Vérifier. Ajuster la place du sucre. Appuyer sur le bouton. Attendre. Dans le silence, l’attention des spectateurs se fige. La bouilloire se déclenche, réactions en chaîne : le sucre tombe dans la tasse ! Ouf ! Soulagement. Les rires fusent dans la salle.
Pendant presque une heure, c’est ce rituel du quotidien qui va se déployer sous nos yeux. L’extrême simplicité du décor associée à l’absence de musique et de parole met en exergue la folie du personnage pour lequel toute action est régie par un processus complexe. Chaque étape prend des allures de performance : véritable épreuve qui demande un échauffement, de la concentration.
Mais sous son air taciturne, le comédien noue vite le dialogue avec le public. Ce soir-là, il jette son dévou sur une spectatrice, qui devient malgré elle, son assistante. Elle ne sait pas sur quel pied danser et nous non plus, et de cet entre-deux magique, naît un spectacle hors-catégorie.