décalageS – Visite guidée – 5 janvier 2019

Vingt-cinq adhérents de l’association des Amis d’Oiron ont répondu à l’invitation et se sont retrouvés dans le hall d’entrée, accueillis par une brève allocution du président

Les commissaires citoyen(ne)s ont ensuite exposé l’historique de la préparation de l’exposition ainsi que le thème choisi.

Pour conclure, quelques explications complémentaires ont permis de préciser le choix du Cristal de Neige.

Le petit escalier blanc nous a conduit au premier étage dans la Chambre du Roi au milieu de laquelle trônait la Terre (vue par Marianne Vitale).

Passage ensuite dans la salle d’Armes, où attendaient une série de photos (29 arrests).

Dans le salon de l’Arlequin, le portail UTOPARK dressait sa haute taille. Où menait-il ?

Qu’allait-on découvrir au bout de la galerie Renaissance ?

Weronika AP nous a-t-elle dévoilé tous ses secrets ?

Après quelques marches, dans les combles du second étage, les visiteurs découvraient des femmes semblant surgir du passé (Sept femmes, Trois femmes). Mais, fallait-il se fier aux apparences ?

Pour terminer, il restait à contempler les deux oeuvres de Carine Klonowski.

La visite s’est terminée par le verre de l’amité, dans la salle pédagogique.

L’article ci-dessous a été publié dans le quotidien régional Le Courrier de l’Ouest, le lundi 7 janvier 2019

Un décalage de ressentis

Les membres de l’Association des Amis d’Oiron ont visité samedi l’exposition « décalageS » au château. L’occasion d’échange de visions avec les commissaires citoyens.

La porte d’entrée rougeâtre du château d’Oiron se referme. A peine pose-t-on les pieds dans le vestibule, que l’on manque de marcher sur la première oeuvre de l’exposition. A même le sol, trône un flocon de neige géant. Il est constitué de pavés de lave, inverse du cristal gelé. Premier décalage. Evident. Ou pas. « Un flocon ? Je pensais à une référence à l’historique du château, avec les pierres », commente une dame qui connaissait jusqu’à sa retraite, le lieu comme sa poche.
Une interprétation différente, qui montre l’intérêt de la visite de l’exposition « décalageS », organisée samedi entre les commissaires citoyens et les membres de l’Association des amis d’Oiron. « L’exposition invite les gens à d’abord regarder, imaginer, puis enfin se tourner vers les explications sur les panneaux. » indique Barbel Krohn, l’une des commissaires. « Laissez-vous surprendre ! « . Les visiteurs sont encouragés à s’exprimer. « C’est justement ce qui est intéressant. Honnêtement, si on y va tout seul … j’aime, j’aime pas et puis basta. Là, on comprend et chaque visiteur peut apporter un éclairage particulier », sourit Michèle.

« Chacun apporte un éclairage particulier » MICHELE, Membre des Amis d’Oiron.

Une fois organisé, le groupe se dirige vers la prochaine oeuvre, en jetant des coups d’oeil à l’exposition permanente. Au premier étage, dans la chambre du roi, se dresse « Terre », sorte de forteresse en bois de récupération, noire. « Je pensais que la Terre était ronde », s’exclame un visiteur. « Nous n’avons pas placé l’oeuvre au hasard, regardez les tableaux du plafond qui évoquent les cinq continents », pointe un commissaire. Même eux ne voient pas tous les secrets des oeuvres. A l’image « D’Utopia Park » et son portail entouré d’escaliers. « Elle se trouve dans la salle des émigrés et évoque la fermeture et l’ouverture, le contournement », selon les commissaires. La fonction des escaliers interroge. « J’y vois un message. On emprunte souvent des chemins de traverse qui ne mène nulle part, alors qu’il suffirait de passer par la porte », tente un participant.
La porte de la galerie de la Guerre de Troie passée, les visiteurs longent le tapis vert jusqu’à « Weronika AP ». Une statue de femme d’un blance immaculé au dos et décorée de face. Qui est-elle ? « Ne regardez pas les explications », préviennent les commissaires. Ce serait trop facile. « Elle est surprise, elle a peur mais les trous indiquent qu’elle veut quand même voir » se hasardent certains. « Elle semble fuir un fantôme », tente un autre. « L’image de la fuite et le noir me fait penser aux immigrés qui se sauvent », imagine un dernier. Mais, c’est une des Anglaises du groupe qui trouve la solution, logiquement. Elle se souvient de l’été 2005. « L’image de la sculpture en elle-même dit que la presse ne nous fait pas voir l’intégralité des choses », selon les commissaires.
Après un long moment devant Weronika, le groupe monte au deuxième étage. Il fait face à « Trois femmes, sept femmes », deux rangées de portraits. « On a l’impression de femmes victimes, à l’époque de la guerre », réfléchit une personne. « Je pense tout de suite à la Déportation », remarque une dame. Elle a trouvé le sujet. Mais les impressions sont trompeuses. « Les portraits de cette oeuvre me prennent à la gorge », commente Barbel Krohn. « Je suis contente qu’on les ait installées là, juste à côté du coucher du soleil. Il radoucit l’atmosphère pour terminer la visite. » Tout le monde ne partage pas cet avis. « Un visiteur lors du vernissage y a vu une continuité », raconte Robert Civrais. « Pour lui, le coucher de soleil renvoie à un four crématoire. » Le dernier décalage, inattendu.

A SAVOIR

Jusqu’au 10 mars
L’exposition « décalageS » est visible jusqu’au 10 mars inclus. Elle a été imaginée et mise en place par treize citoyens volontaires membres des Amis d’Oiron. A partir de la formule « un monument (Oiron) + une collection (FRAC) = à vous de jouer », ils se sont réunis toutes les six semaines depuis novembre 2017 afin de construire l’exposition. « Nous avons d’abord choisi la thématique apparences, interprétation et réalité, puis le FRAC a présélectionné 37 oeuvres. On en a retenu neuf. Nous ne sommes pas des experts, mais de simples citoyens », détaille Barbel Krohn, l’une des commissaires.

Adrien TOULISSE redac.thouars@courrier-ouest.com

Photo présente sur le site du Courrier de l’Ouest