décalages – Before Sun Sets – délires

Before Sun Sets, 2012 Carine Klonowski

Le chronomètre qui défile sans fin peut faire penser à une espérance toujours déçue.

  • Chanson de Jacques Brel : Ce soir j’attends Madeleine … Madeleine ne viendra pas … Demain, j’attendrai Madeleine …
  • Nombreuses sont les personnes s’exerçant aux jeux de grattage ou prenant des billets de loteries : mais, après le tirage, le plus souvent : rien …
  • On peut aussi penser à Sisyphe et à son rocher …
  • Au château d’Oiron, Louis Gouffier a attendu son retour en grâce de Louis XIII et a peut-être oeuvré dans ce sens (pure hypothèse personnelle) ?

On peut aussi voir un jour sans fin … Triste épreuve pour celui qui est dans la souffrance. Comme en témoigne le livre de Job : « 

« Comme un esclave soupire après l’ombre pour se reposer, et comme un mercenaire attend la fin de son ouvrage
ainsi je ne vois dans ma vie que des mois vides et sans fruit, et je n’y compte que des nuits pleines de travail et de douleur.
Si je m’endors, je dis aussitôt, Quand me lèverai-je ? et étant levé j’attends le soir avec impatience, et je suis rempli de douleurs jusqu’à la nuit. »

De façon plus optimiste, on peut y voir un sursis. Il reste quelque temps avant la fin de la journée … On peut même penser que le travail n’est pas inutile (voir la fable : Le Laboureur et ses enfants).

Toujours, par optimisme, on peut supposer que le voeu d’Edith Piaf est exaucé :
« Mon Dieu ! Mon Dieu ! Mon Dieu !
Laissez-le-moi
Encore un peu,
Mon amoureux.
Six mois, trois mois, deux mois…
Laissez-le-moi
Pour seulement
Un mois… « 

Lors du vernissage, un visiteur a fait une continuité entre cette œuvre et « Trois femmes – Sept femmes ». Pour lui, le coucher du soleil renvoie à un four crématoire.

D’après nos connaissances, dans cinq milliards d’années, le Soleil aura épuisé son combustible et de naine jaune, il se transformera en géante rouge en augmentant son volume très fortement : les planètes proches seront désintégrées et la Terre sera carbonisée (voir « Earth »). Le soleil sera alors un four pour les Terriens (s’ils existent encore).

Projecteur, 2012 Carine Klonowski

Dimanche : jour du soleil projecteur (qui simule un coucher de soleil)

De prime abord, le blaireau de base pourrait penser que cette oeuvre est un canular destiné à ridiculiser l’art contemporain comme le fut en son temps le tableau présenté en 1910 par Roland Dorgelès au Salon des Indépendants : Et le soleil s’endormit sur l’Adriatique , peinte par J.-R. Boronali. (pour se moquer de l’impressionnisme et des critiques d’art).

Selon les paroles de l’artiste dans une interview (mais je n’ai pas pu retrouver le texte), on pourrait croire le projecteur abandonné par mégarde par un technicien étourdi. Si cette installation était placée dans une exposition sans indication, serait-elle considérée comme une oeuvre d’art par le public ou ne serait-elle pas complètement négligée ?

Pourquoi chaque être humain (chaque être vivant ?) ne serait-il pas un projecteur ? Ses sens lui permettraient de prendre conscience d’une partie de son environnement, représentée par le « triangle » éclairé sur le plancher. Il peut prendre aussi conscience d’un autre monde (« perpendiculaire » au plancher des vaches) et projeter sur lui ses fantasmes pour le décrire (mythologie bien sûr mais peut-être aussi modèles scientifiques …)

(page en construction perpétuelle)